Abd Al Malik

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Personnage devenu culte de la scène musicale urbaine, Abd Al Malik est aujourd’hui un artiste accompli qui s’attèle avec talent à l’écriture et au septième art.

Peux-tu te présenter en quelques mots pour celles et ceux qui ne te connaissent pas ?

Je m’appelle Abd Al Malik, je suis artiste, à la fois rappeur, écrivain et cinéaste également car je réalise actuellement mon film.

Musique, cinéma, écriture comment fais-tu pour gérer tout ça en même temps ?

Pour moi ce n’est pas séparé, tout se rejoint car au centre il y a quand même l’écriture, qui reste mon moteur, le fil conducteur de tout ça, et l’envie de raconter des histoires. Tout se recoupe je suis en tournée, pendant la tournée j’écris un bouquin. Là j’ai réalisé le film et en même temps on s’occupe de la bande originale qui sera l’album, donc tout est toujours connecté. C’est vrai que cela fait de longues journées mais il y a pire comme vie !

La démarche artistique est-elle la même quand tu écris un livre, fais une chanson, ou réalises un film ?

La démarche artistique est la même au niveau du fond car il y a toujours cette idée de questionner mon époque, de questionner mes contemporains. Il y a toujours cette réflexion sur l’identité. Après écrire un livre et réaliser un film ce n’est pas la même chose. Écrire un scénario ou poser un titre en studio c’est différent, mais il y a toujours dans la forme cette idée d’excellence, une ambition artistique de réaliser quelque chose qui marque et qui ait du sens dans le fond et dans la forme. Mon but est vraiment d’être le plus pertinent possible dans les deux sens.

Pourquoi avoir décidé d’adapter ton livre “Qu’Allah Bénisse la France” au cinéma ? Retrouvera-t-on des éléments nouveaux dans le film ?

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Ce sont deux démarches totalement différentes, même si quand j’écrivais mon livre qu’Allah Bénisse la France je me disais que ça serait bien d’en faire un film. Mais ce qui m’intéressait au départ c’était d’écrire des livres et d’entrer dans le monde de la littérature et c’est vrai que dans une adaptation, comme l’indique le terme en lui-même, on adapte. Donc bien sûr il y a des choses qu’on trouve dans le film qu’on ne trouve pas dans le livre et vice versa. On peut dire que le film est inspiré du livre. Ce n’est donc pas une transposition du livre mais une base de travail et l’idée était vraiment de faire un vrai film de cinéma, et non pas un documentaire.

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En ce moment tu es en tournée avec « l’art et la révolte » un spectacle inspiré de l’œuvre d’Albert Camus, peux-tu nous en dire un peu plus ? Comment est née cette création, pourquoi ce spectacle et pourquoi Albert Camus ?

Je suis un très grand lecteur de Camus. Ses livres font partie de mes livres de chevet. L’année dernière pour le centenaire de la naissance de Camus, Catherine Camus sa fille, et Dominique Bluzet le directeur du grand théâtre d’Aix sont entrés en contact avec moi et m’ont proposé leur projet d’organiser un spectacle. Nous sommes donc allés à Aix où nous avons créé ce spectacle, l’Art et la Révolte. Mais vraiment c’est une commande. Au départ je ne pensais pas faire un spectacle autour de Camus, mais ça faisait sens car c’est vraiment un auteur important pour moi.

On peut entendre beaucoup de titres inédits sur l’Art et La Révolte. Envisages-tu de le sortir en version cd ou digitale ?

Au départ on devait d’abord sortir un album et ensuite faire la tournée, mais au fur et à mesure quand on était en studio, plus on avançait, plus j’en ai eu assez de cette routine. On fait un disque, on fait la promo, on part en tournée et c’est fini. J’avais envie d’aborder les choses de manière différente, donc l’album étant là, j’ai décidé de l’amener directement sur scène. Nous sommes maintenant en train de préparer quelque chose avec à la fois de la vidéo, de la musique, un objet qui soit plus qu’un album, en apportant également la touche écriture avec en plus le spectacle qu’on a fait au Châtelet et d’autres.

Pour l’Art et la Révolte il n’était prévu de n’en faire qu’une saison, mais ça c’est tellement bien passé qu’on nous sollicite même à l’étranger. Du coup c’est quelque chose que je vais continuer à mener en parallèle de toutes mes autres activités. Un peu comme pour Bob Dylan, une tournée sans fin.

Ta dernière sortie musicale date de 2010 peut-on espérer un retour en 2014 ?

J’apparaitrais sur la bande originale du film Qu’Allah Bénisse la France qui sera d’ailleurs le prochain album solo de ma femme Wallen qui sortira le 08/12/14, et pour mon album solo, la sortie est prévue en 2015 chez Pias.

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Y’aura-t-il des featurings ?

Peut-être, mais là je laisse la surprise ! Ce qui est certain c’est que Wallen a une vision très « femme orchestre », dans le sens où elle écrit et elle compose. Je côtoie un certain nombre d’artistes et c’est l’une des rares qui ait une vision globale de la musique. Avec Bilal (son frère, ndlr) on a réalisé un album exceptionnel, je ne vous en dis pas plus mais ma manière de travailler est différente de ce que j’ai pu faire jusqu’à présent.

La sortie ?

Pour le film, il sortira le 10/12/2014 et  la B.O le 08/12/2014

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Avec Wallen on voulait faire une collaboration particulière, et non pas faire un album pour faire un album. On a attendu d’avoir la bonne raison de le faire et le film était l’occasion de concrétiser ça.

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Une tournée prévue tous les deux ?

Si on nous le demande pourquoi pas, on verra car dans l’idéal j’aimerais faire quelque chose aussi avec Matteo Falkone (son frère, ndlr), qui travaille également sur son album.

Dans le monde dans lequel nous vivons, que t’apporte la spiritualité ?

Tout à l’heure on parlait de travailler à une société plus solidaire, cela apporte la possibilité de mettre de l’esprit dans les choses, de comprendre qu’on ne fait qu’un et que nous avons besoin les uns des autres. Nous devons interagir positivement les uns avec les autres et la notion de spiritualité apporte cela. La spiritualité n’est pas quelque chose qui sépare mais qui rassemble, et c’est à dessein que j’emploie le mot spiritualité et non religion. La religion est une forme personnelle de spiritualité que chacun choisit, et l’on peut-être spirituel sans pour autant avoir de religion. Moi il se trouve que je suis musulman, mais c’est mon histoire de vie et cela m’est personnel. Ce qui est important c’est que chacun comprenne qu’on est lié les uns aux autres et qu’interagir les uns avec les autres c’est aussi travailler à essayer de rendre le monde meilleur. J’ai le sentiment qu’en tant qu’êtres humains, c’est notre fonction à tous.

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 Quelles sont les valeurs que tu aimerais transmettre à tes enfants ?

Votre question est à la fois précise et très large. Ce que j’ai envie de leur transmettre c’est d’être véritablement des êtres humains, car pour moi il y a des choses qui sont de l’ordre de l’humanité et d’autres non, comme le respect des autres, l’acceptation de la différence. Cela fait partie d’une attitude de vie humaine normale. Ce que je veux leur transmettre c’est une sorte de normalité. Que ce soit mes enfants ou non, j’essaye d’être un exemple, de par mon attitude, sans pour autant faire de grand discours, ou de grandes explications. Juste en étant… j’ai envie de dire « cool ».

Quelle est l’importance de ta famille dans ta vie et ton parcours ?

Ma famille est centrale. Je travaille avec ma famille, et je considère de la même manière ceux avec qui je travaille mais avec qui je n’ai pas forcément de lien de sang. On travaille ensemble depuis tellement d’années que c’en est devenu ma famille. De manière générale, j’essaie de garder des liens qui durent avec les personnes avec qui je travaille.

Qu’as-tu vécu dans ton enfance que tu n’aimerais pas que tes enfants connaissent aujourd’hui ?

La délinquance. Je ne dis pas que je regrette car quand je vois mon ainée qui vient d’avoir 13 ans, je suis content. Quand je repense à ce par quoi on est passé nous à son âge… des choses assez dures. Je n’aimerais pas qu’ils vivent la même chose.

Au contraire, y’a-t-il une ou des choses qui t’ont manqué plus jeune que tu t’efforces de leur apporter ? 

Evidement au niveau matériel, entre eux et moi ça n’a rien à voir. Nous c’était la grande pauvreté c’était «  Remi sans famille », «  les misérables » et tout ce que tu veux, mais pour de vrai (rires) ! C’est vrai que l’argent ne fait pas le bonheur même s’il y contribue, mais en avoir manqué n’a pas fait de nous les plus malheureux du monde, au contraire.

Quand les temps sont difficiles, y’a-t-il une devise ou une philosophie qui t’aide à garder les pieds sur terre et à maintenir le cap ?

Je garde les pieds sur terre, je n’ai pas le sentiment que ce soit un problème. Disons que ce n’est pas à mon âge qu’on « pète les plombs ». Par contre lorsque les temps sont difficiles, je pense que la spiritualité aide, sans pour autant entrer dans une démarche fataliste. On est dans une démarche d’acceptation et de faire en sorte que les choses changent. Une sorte d’acceptation positive dans le sens où s’il arrive quelque chose, on ne va pas pleurer, mais chercher des solutions pour avancer. Et sans donner un adage particulier je pense que la spiritualité aide, tout autant que la famille, je suis une personne très entourée.

Si tu pouvais changer une chose dans le monde, ce serait quoi ?

Faire en sorte que les gens soient tous dans le respect des uns et des autres, dans une véritable démarche de non jugement envers les autres.

Le top 5 des choses à faire ou à voir avant de mourir ?

J’essaie d’être le fils de l’instant. Je vis chaque jour comme s’il était le dernier. Des petites choses me font ma journée, donc il m’est difficile de répondre à cette question. Evidement il y a des choses qu’on aimerait faire, des endroits où on voudrait aller, mais pour moi le plus important c’est de ne pas me perdre en chemin. Si une journée je l’ai passée en étant vraiment moi, j’en suis heureux et demain est un autre jour. Si ce soir je m’endors en me disant que je n’ai fait de mal à personne, que je n’ai vexé personne, que j’ai aidé quelqu’un, j’estime avoir fait ma journée. Voilà pourquoi je ne peux pas vraiment répondre à cette question. Par contre ce que je peux affirmer c’est que je regretterais si je n’étais pas dans cette attitude et ça c’est mon top 1. Si chaque jour je ne me levais pas en me disant « et si c’était le dernier », ce serait un véritable regret.

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Anouchka, 27 ans, USA

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Anouchka, tu es à la fois expat et vegan, peux tu te présenter?

J’ai 27 ans, plus pour très longtemps, je suis française et habite aux Etats-Unis depuis plus d’un an. Je suis originaire du sud de la France, et j’ai habité 20 ans à Paris, où j’ai fait mes études de communication (visuelle et sciences humaines).
Après mon master, 5 ans d’apprentissage et un premier CDI, j’ai eu une opportunité de travail aux Etats-Unis pour 18 mois en marketing… et j’ai filé avec mon mari & nos chats dans la région de Washington.

Pourquoi les Etats Unis, et depuis quand y es-tu ?

Je suis ici depuis juin 2013, depuis toute petite j’ai toujours voulu habiter à l’étranger. J’avais déjà habité à Marseille, Aix, Montpellier, Lyon, Toulouse et Paris… et après avoir parcouru la France j’avais envie d’aller plus loin!
J’ai toujours adoré voyagé mais j’ai ressenti l’envie d’habiter dans seulement 4 endroits: les Etats-Unis, Londres, le Japon, et Berlin.
Après un road-trip sur la Cote Ouest avec mon mari, on a décidé de lancer le projet et venir habiter ici. 8 mois plus tard, on avait un visa et des nouveaux jobs!
J’aime les Etats-Unis pour les grands espaces, les différences culturelles entre les états, l’état d’esprit motivant et positif des américains: tout est possible.
Après, le système social, les conditions de travail dans la majorité des entreprises peuvent être difficiles à comprendre pour un français.

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Etre vegan, ça consiste en quoi exactement?

Etre vegan est ne pas de consommer des produits issus de l’exploitation animale: viande, poisson, lait, miel, produits cosmétiques ou ménagers testés sur les animaux, laine, soie…
Et dire bonjour au soja, aux noix, à la coco, au fromage végétal et aux recettes pleines de couleurs :)
Etre vegan n’est pas seulement de la privation loin de là, c’est la découverte de nouvelles saveurs et recettes, d’un univers intéressant, de personnes engagées. On pense souvent à des mangeurs de laitues tout tristes!
Vous seriez curieux de googéliser 2 mots: gâteaux vegan! Alors, ça donne envie non?

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Pourquoi l’es-tu devenue ?

Parce que je me sentais coupable en consommant de la viande, ou en achetant des produits testés sur les animaux. Je n’ai jamais réussi à regarder un reportage ou une image montrant de la cruauté animale. Je rêve d’une vie sans cruauté et pleine de compassion.
Pour être honnête avec moi-même j’ai décidé de ne consommer que des produits qui ne nécessitait aucune cruauté.
Attention, on pourrait penser que je suis très peace (and love), mais pas du tout, c’est souvent par l’indignation et la colère des conditions de traitement des animaux que l’on devient vegan.

Le jugement/l’incompréhension des autres est-il, ou a-t-il été pesant ?

Au début quand je suis devenue végétarienne, on pensait que ce n’était qu’une lubie. Presque 4 ans plus tard, tout le monde est au courant et plutôt respectueux.
Maintenant je coupe court aux débats, pour être claire je n’irais pas questionner quelqu’un sur ses motivations à manger de la viande pendant un diner, j’estime que je n’ai pas me justifier en permanence sur mon mode de vie.
En France, les réactions étaient parfois rudes et agressives, aux Etats-Unis le choix de l’alimentation fait partie des libertés individuelles, c’est donc sacré, et surtout un business florissant!

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Ton mari est-il aussi vegan ?

Mon mari a été omnivore pendant 3 ans, mais très respectueux: pas ou peu de viande à la maison, et surtout à l’exterieur pour continuer à tout partager avec moi, il ne choisissait que des plats végétariens.
En arrivant ici, il a arrêté de fumer et il est devenu vegan, depuis aucun retour en arrière, et évidemment la vie est bien plus facile!
Même nourriture, et des choix de restaurants qui conviennent à tout le monde…

Comment ont réagi tes proches quand tu leur a annoncé que tu t’installais outre Atlantique ?

Très bien! Je fais partie d’une famille qui bouge tout le temps, et surtout avec d’origines diverses et variées. C’est dans notre sang de changer de pays, de nous expatrier… Mes parents ont tous les deux vécu à l’étranger et nous ont soutenu dans notre choix! L’opportunité humaine et professionnelle était importante et comme ils le disent “A votre place? On serait déjà dans l’avion!”
C’est important d’être soutenu, parce que surtout au début, être à 8000km de sa facile est vraiment difficile.

Quelles sont les différences qui t’ont marquée par rapport à la France, culturelles ou autres ?

De belles choses: l’ouverture d’esprit, le sourire, le contact humain, l’esprit entrepreneurial. Ici je n’ai pas peur d’essayer: un cours de sport, de cuisine, de poser des questions, de ne connaitre personne… On ne juge pas les gens qui osent!
Et ensuite les choses qui continue à me choquer: voir des gens qui ne peuvent pas se soigner par manque d’argent, la dureté du système social, et les conditions de travail: adieu la sécurité!

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Ce qui fera toujours de toi une française ?

Je ne suis pas très politiquement correct, même si je m’adapte, les français sont râleurs mais on sait dire quand quelque chose ne nous convient pas.

Et le vin est une sérieuse affaire, pas de gobelet de piquette, ni de champagne au jus d’orange pour le petit déjeuner chez moi!

Et surtout, je n’ai pas de passion grandissante pour Oprah Wrinfrey.

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Ta devise dans la vie ?

“Dare to dream again. For dreaming is the language of your soul, And nothing your soul truly desires could ever be wrong or impossible.” ― Jacob Nordby

Vous pouvez retrouver Anouchka sur son blog Biobeaubon et sur Twitter

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Sandra, 28 ans, Australie

Sandra, peux tu te présenter ?

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J’ai 28 ans et je suis originaire des Yvelines. J’ai toujours vécu, étudié et travaillé en région parisienne. Je suis titulaire d’une licence en cinéma/audiovisuel et d’un master en communication/édition (ingénierie éditoriale et communication). En France, je travaillais depuis 5 ans en tant que chef de projet en communication au sein d’une communauté d’agglomérations – en particulier sur les questions d’environnement, déchets, eau et transports.

Pourquoi l’ Australie, et depuis quand y es-tu ?

L’Australie était notre “plan B” pour partir vivre un temps à l’étranger. [Initialement, nous avions prévu de partir au Canada avec le programme vacances-travail (PVT ou Working Holiday Visa). Le quota 2014 ayant été atteint trop rapidement, nous avons dû abandonner notre destination.]

Nous avions très envie de dépaysement et nous voulions améliorer notre niveau d’anglais, le choix d’un pays anglophone était donc naturel (même si nous avons surtout amélioré notre australien).

Nous sommes arrivés en février 2014, cela fait donc 5 mois que nous avons quitté la France.

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Quel a été l’événement déclencheur ?

J’avais très envie de partir vivre à l’étranger (au moins quelques mois) depuis plusieurs années ; et je n’avais jamais eu le courage de le faire.

La perte de mon emploi en France a été le déclic. C’était le moment ou jamais !

Comment tes proches ont-ils réagi ?

Mes amis et ma sœur m’ont tous encouragée (beaucoup avaient déjà vécu – ou vivent encore – cette expérience). Mes parents étaient beaucoup moins enthousiastes – en partie parce que j’allais partir très loin, en partie parce qu’ils ne comprenaient pas ce besoin de changer de vie.

Dans l’ensemble, j’ai eu un énorme soutien de mes proches.

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Quelle est ta profession sur place ?

Je n’ai pas de profession en Australie. Jusqu’à présent, j’ai fait beaucoup d’échange de services (nettoyage, jardinage, petits travaux, entretien de la maison…) contre le gîte et le couvert. J’ai eu une très brève expérience dans une ferme de bananes [que j’ai dû abandonner à cause d’une blessure au poignet] et je travaille actuellement dans les vignes (pruning = taille des pieds de vigne pour la prochaine saison). Malheureusement, je ne parviens pas à trouver un emploi régulier et payé.

Y’a-t-il eu un temps d’adaptation, as-tu déjà eu envie de revenir en France ?

La première semaine a été la plus difficile, à cause du décalage horaire et de la compréhension de la langue (l’accent australien !). Je n’ai pas encore eu envie de rentrer en France. Même si mes proches me manquent parfois, internet et le téléphone permettent de garder un contact régulier.

Quelles sont les différences qui t’on marquée par rapport à la France, culturelles ou autres ?

Les australiens sont généreux, toujours prêts à aider même si tu ne leur demandes rien. C’est assez surprenant et, les premières fois, tu te demandes si c’est sincère et si tu dois leur faire confiance. La réponse est “oui”, ils nous ont beaucoup apporté.

L’Histoire de l’Australie telle qu’elle est aujourd’hui est aussi beaucoup plus “jeune” que la nôtre. Le continent n’a été exploré par les Européens qu’à partir du XVIIe siècle et, avant la fin du XVIIIe siècle, il n’était peuplé que par les Aborigènes. Il y a une forte culture cosmopolite dans les grandes villes, en particulier américaine.

Ce qui me marque peut-être le plus c’est que le gouvernement australien semble souvent moins intéressé par la préservation de son patrimoine naturel que par le profit financier. Les animaux et la nature ne sont pas très bien considérés. La chasse aux requins en Western Australia, les kangourous tués par centaines (ou plutôt par milliers ? nous avons vu plus de kangourous en liberté morts que vivants en traversant le Bush et l’Outback) sur les routes australiennes, la dévastation des espaces naturels…

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Quels conseils donnerais-tu à une personne qui souhaiterait vivre la même expérience ?

Il faut foncer ! Ne pas avoir peur de tout quitter pour vivre cette expérience si c’est ce que vous voulez vraiment. Mais il faut aussi être bien préparé à l’arrivée et au retour (même si je ne suis pas encore rentrée, je sais que la réadaptation sera peut-être plus compliquée). Et il faut aussi faire preuve de volonté et de persévérance dans cette aventure car tout ne sera pas facile tous les jours. [En fonction de la raison qui nous fait quitter la France, on peut penser que tout sera plus facile ailleurs, mais ça n’est pas toujours vrai.]

Ce qui fera toujours de toi une française ?

Question difficile. J’aime la France, j’y ai grandi, étudié, travaillé… Le fait de partir vivre à l’étranger renforce mon attachement au pays . Donc mon histoire fera toujours de moi une française je pense.

Quelle est ta devise dans la vie ?

Rester positive ; ne pas voir systématiquement ou uniquement les difficultés, sinon on ne parvient pas à les dépasser.

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Tea Time – My version of Chai “Latte” (Masala tea)

A while ago when I was not feeling so well, a dear friend (Selma, if you’re reading me… ;-)) advised me to make a tea, and watch a good movie. So I followed her idea, and made myself a burning comforting spiced tea. I generally like to have a tea whenever I want to relax.  I thought I’d share with you my favorite tea recipe for those special moments : the famous chai “latte”

So here’s my recipe :

First put some water in a saucepan. Add in 2 or 3  cloves, sliced fresh ginger or half a coffee spoon of ginger powder, another one of pepper powder, one more of cinnamon and 4 crushed cardamom seeds. Let it boil for few minutes. Then add a tea spoon of black tea. Stir gently and cover the saucepan. Let it infuse for 3 mins then filter the tea, pour it into another saucepan and add some milk and sugar as you like it. Stir until it boils and voila ! Your chai is ready !

Hope you enjoy it !

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